L’utilisation des textes sans mentionner leur provenance est interdite
   www.de-vrouwe.info 

quant à la reproduction d’image, elle requiert une autorisation écrite.

Ici, vous accédez à la page du site officiel de la fondation Vrouwe van alle Volkeren.


Imprimer Email

HOMÉLIE

tenue par Mgr Hendrik J. Bomers († 12 septembre 1998) lors des obsèques d’Ida Peerdeman,
le 20 juin 1996


En signe de la profonde estime en laquelle il tenait la voyante, Mgr Hendrik Bomers voulut présider lui-même aux obsèques qui eurent lieu le 20 juin 1996.

Devant, à droite, le Père franciscain Amandus Korse.


Chers frères et sœurs,

Le moment est venu, en cette liturgie, de dire quelques mots sur la défunte que nous allons bientôt porter en terre.
Nous tous réunis ici, nous avons aimé Ida Peerdeman ; nous l’avons admirée et estimée. Tout en sachant que, vu son grand âge, ce jour allait venir et qu’il nous fallait nous résigner à l’inévitable, nous n’en ressentons pas moins le vide qu’elle laisse parmi nous.

J’ai essayé de trouver quelques passages de l’Écriture qui correspondent autant que possible à Ida Peerdeman ou qui, disons, lui correspondent en particulier.
J’ai pris la première lecture dans le livre du prophète Isaïe. Elle commence par ces mots : « En ces jours-là, Yahvé Sabaoth préparera sur cette montagne un festin pour tous les peuples. » Pour tous les peuples… Nous savons tous que ce thème, à savoir que le Seigneur est là pour tous les peuples – un thème qui revient souvent dans la Bible – a toujours joué un grand rôle dans la foi d’Ida Peerdeman et dans ce qu’elle a vécu.

Je sais combien Ida n’a cessé d’aspirer à ce que cette dévotion, sous la forme qu’elle a défendue, reçoive une reconnaissance officielle de la part de l’Église. Je tiens à vous assurer que cela a toujours été mon souhait aussi. Un évêque doit cependant tenir compte dans ses déclarations de toutes les circonstances. Et quand je parle de « circonstances », je crois que je suis ici le seul qui les connaisse vraiment toutes.

Heureusement, Mgr Punt et moi-même avons annoncé, le 31 mai dernier, en la fête de la Visitation, que nous n’avons aucune objection à la dévotion à Marie en tant que Dame de tous les Peuples ni à ce qu’on la vénère publiquement sous ce titre.
L’Église doit faire preuve d’une grande prudence dans la reconnaissance d’expériences particulières que peuvent faire certaines personnes comme ce fut le cas d’Ida.

Cela ne veut pas dire que l’Église n’ajoute pas foi à leur parole ou ne leur accorde pas sa confiance, mais ces choses-là doivent être absolument certaines et avoir été rigoureusement examinées par l’Église pour que celle-ci puisse se prononcer et affirmer qu’elles sont conformes à la doctrine officielle qu’elle a toujours maintenue et qui se fonde sur l’Écriture. Cette reconnaissance viendra-t-elle un jour ? Gardons une grande ouverture d’esprit, prions dans ce sens et attendons ce momentavec patience en bons chrétiens.

Statue de bronze sur la tombe d’Ida Peerdeman, au cimetière Sainte-Barbara à Amsterdam

Ce que je tiens en tout cas à dire ici, c’est que j’ai assez bien connu Ida. À plusieurs reprises, je me suis entretenu avec elle. La première fois, c’est elle qui est venue me trouver de sa propre initiative pour me parler de ces choses. Je crois que nous tous ici, nous pouvons confirmer sans peine qu’Ida, dans tout ce qu’elle a vécu, n’a jamais été du genre bigot. Elle avait un solide bon sens qu’elle a gardé jusqu’à son dernier jour et avait en horreur tout ce qui pouvait s’apparenter au culte de la personnalité. Elle n’avait vraiment rien à voir avec cela. Ce sont là deux traits tout à fait louables et positifs.

Nous tous, nous l’avons bien entendu aussi connue comme une femme joviale, vive, prévenante, pleine de vie jusqu’à ses derniers jours. Ce dont je suis aussi absolument convaincu, c’est qu’elle était tout à fait sincère et qu’elle a dit la vérité telle qu’elle l’a vécue. Toute sa vie, elle s’est investie dans la dévotion à Marie sous le titre de Dame de tous les Peuples.
Je pense que c’est une dévotion qui vient très à propos en notre temps, parce que nous vivons à une époque où les peuples de la Terre se connaissent les uns les autres et établissent des contacts les uns avec les autres. C’est bien le cas de notre pays et plus encore de cette ville d’Amsterdam qui regroupe des gens venant de presque tous les peuples du monde. Tous ces peuples doivent pouvoir cohabiter dans la charité, l’harmonie et la fraternité. On voit des guerres en tant d’endroits de la terre, on a vu la guerre dans nos contrées, en ce siècle même, guerre liée de façon odieuse à une théorie des races absolument abominable.

Ce thème de l’appartenance de tous peuples du monde à la même famille de Dieu, nous l’énonçons à chaque fois que nous prions le Notre Père dans lequel nous appelons Dieu « Notre Père », deux mots par lesquels on exprime quelque chose de tout à fait révolutionnaire.
Je ne m’adresse pas à « mon Père » et vous ne vous adressez pas à « votre Père » mais tout chrétien, à l’exemple du Christ, dit toujours : « notre Père ». Il est l’unique Père de tous les hommes, de tous les peuples et nous sommes tous frères et sœurs, les uns pour les autres. C’est pourquoi cette dévotion à Marie, Dame de tous les Peuples, est une très bonne dévotion.

Cette dévotion nous montre aussi que nous avons un devoir d’évangélisation envers toutes les femmes et tous les hommes de notre terre qui ne connaissent pas le Christ. Non qu’il nous faille faire du prosélytisme ou recourir à des subterfuges pour faire d’eux des chrétiens. Si quelqu’un veut devenir chrétien, cela relève de sa propre responsabilité, mais il est de notre responsabilité, par les mots que nous disons, les actes que nous posons et le témoignage de notre vie, de leur montrer et de leur donner à entendre qui est le Christ.
Voilà pourquoi ce titre de Dame de tous les Peuples est un titre également très évangélique. Il nous rappelle à notre mission d’annoncer le Christ à tous les peuples.

Dans l’une de ses lettres, saint Paul écrit : « Malheur à moi si je n’annonce pas le Christ. » Il ne dit pas : « Malheur à ceux qui ne connaissent pas le Christ » ou bien « à ceux qui n’accueillent pas le Christ » mais « Malheur à moi si je n’annonce pas le Christ. » Eh bien, cette pensée de saint Paul est toute contenue dans cette dévotion à Marie, Dame de tous les Peuples.

Dans l’Évangile de saint Jean, où l’on rencontre deux fois le terme de « Femme » (équivalent à celui de « Dame »), il est manifeste que le Christ associe Marie à sa mission salvifique. C’est pourquoi, chers frères et sœurs, j’espère de tout cœur qu’à partir d’aujourd’hui, à compter du départ d’Ida, nous allons continuer à faire vivre parmi nous ce pour quoi elle s’est tellement investie avec tout son cœur, et que nous verrons naître une dévotion à la Dame de tous les Peuples qui sera florissante et dans un sens authentiquement évangélique.
Pour cela, il convient tout d’abord d’entretenir des rapports harmonieux les uns avec les autres et de faire œuvre commune. Si quelqu’un fait des erreurs, que nous sachions nous comporter en vrais disciples de Jésus et pardonner afin de nous redresser et d’avancer avec un nouvel élan sur la voie de l’Évangile.

Ida savait pertinemment que le jour de sa mort approchait. Elle est maintenant réunie à sa famille, à ses proches qu’elle a toujours beaucoup aimé et qui eux aussi l’ont beaucoup aimée. Elle a le bonheur d’être auprès de Dieu, de Marie et de tous ceux qui – et il y en a beaucoup – ont été ici-bas ses amis. De là où elle est, elle se fait maintenant notre avocate.

L’occasion m’est donnée de remercier ceux qui ont eu une grande importance dans sa vie. Je ne saurais toutefois nommer tous ceux qu’il convient de remercier sans en oublier. La liste serait trop longue à dresser, et il me paraît plus juste d’y renoncer. Je désire exprimer mon estime et ma gratitude à tous ceux qui, du temps d’Ida, ont partagé avec elle son dévouement à la cause de cette dévotion et qui l’ont soutenue. Et je leur demande : Allez de l’avant sur cette bonne voie.
Il y a une personne que je désire remercier personnellement et c’est vous, Madame Jannie Zaal, pour avoir été personnellement tout près d’Ida et pour tout l’amour et le dévouement avec lequel vous vous êtes occupée d’elle, y compris dans les derniers jours où il lui fallait des soins intensifs.

À vous tous, j’exprime mes condoléances face à la perte d’Ida Peerdeman. Soyons consolés et reprenons courage en pensant, comme nous en avons la certitude, que pour Ida cette cérémonie n’est pas une mise au tombeau mais un retour à la maison et que, stimulés par l’exemple de sa vie, nous serons un jour nous aussi près d’elle, là où elle est maintenant.

Amen.


Biographie:
Ida Peerdeman – La voyante d’Amsterdam
de P. Paul Maria Sigl, 2005

 
 
  • Deutsch (DE-CH-AT)
  • Italian - Italy
  • Nederlands - nl-NL
  • Español(Spanish Formal International)
  • French (Fr)
  • English (United Kingdom)